Les Ateliers de la Protection Sociale

Le simulateur du COR pour lire l’avenir des retraites

Posté le 05 décembre 2017

Avec le dernier rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites), l’heure était à l’inquiétude et aux mauvaises nouvelles quant au déséquilibre, durable, du financement des retraites. Cette fois, changement de programme : les solutions sont à portée de clic. Le COR a mis en ligne un simulateur qui vous permet de sauver le système des retraites sans bouger de chez vous ! Un outil ludique, très instructif mais pas totalement rassurant.

Le simulateur du COR pour lire l’avenir des retraites

Six scénarios économiques prédéfinis

Le simulateur permet de choisir entre quatre scénarios différents correspondant à des taux de croissance annuelle des salaires, échelonnés de 1% à 1,8%, associés à un niveau de chômage à 7%. L’hypothèse de base est que ces niveaux « cibles » seront atteints en 2032 et resteront stables jusqu’à 2070. Deux variantes supplémentaires sont proposées, avec des taux de chômage à 10%, ou à 4,5% pour les plus optimistes.

Dans une volonté de simplifier les choses sur le simulateur, il a été fait le choix de parler de croissance des salaires. Dans le rapport du COR, on parle plutôt de croissance de la productivité du travail. Dans les deux cas, de quoi s’agit-il ? D’évaluer l’évolution de la base des cotisations. Car le COR a fondé ses projections sur la stabilité de la durée de travail et de la répartition du partage des richesses entre capital et travail. 

Au final, dans la mesure où la population active devrait peu progresser, on peut admettre une équivalence approximative entre les niveaux de croissance des salaires des différents scénarios et le niveau de croissance attendu du PIB. Par exemple, le scénario à 1,5% correspond à une progression du PIB oscillant entre 1,4% et 1,6% entre 2021 et 2070.

Trois leviers pour réduire le déficit

Une fois le scénario économique choisi, charge à l’internaute de moduler les trois variables susceptibles de corriger les déséquilibres du système : l’âge du départ en retraite, le niveau des cotisations et le niveau des pensions par rapport aux salaires. En rajoutant dès 2020, quelques mois à l’âge du départ en retraite ou un demi-point aux taux de cotisations, on réussit à atteindre l’équilibre plus précocement. Cet exercice est, toutefois, plus facile à faire sur un simulateur qu’à mettre en œuvre dans la réalité !

Les valeurs par défaut correspondent à la réglementation actuelle. Sans surprise, de 2030 à 2070, la fin de la vie active se stabilisera entre 63 et 64 ans ; ce qui correspond aux quarante trois années de cotisations requises pour les générations nées après 1973. Une certaine stabilité est attendue sur les niveaux moyens de cotisations. En revanche, le rapport entre les pensions et les salaires connaît un véritable effondrement dans les scénarios économiques les plus optimistes. Dans le cas d’une hausse constante des salaires à 1,8% par an, le rapport entre les pensions et les salaires passerait de 52% en 2017 à 34% en 2070. Si la hausse est à 1,5% par an, la chute est moins prononcée : 37% en 2070. Les pensions sont, en effet, indexées sur l’inflation tandis que les salaires suivent l’évolution de la productivité. Reste que le simulateur vous offre la possibilité de rogner les pensions, et accroître encore un peu plus l’écart de niveau de vie entre les retraités et les actifs. 

Vous connaissez désormais les règles : à vous de jouer ! Quelle option choisirez-vous ? Allonger la durée de cotisation et engager un bras de fer social, augmenter le niveau des cotisations au risque de sacrifier la compétitivité des entreprises, ou continuer de tasser discrètement les revenus des retraités ? Dans tous les cas, rassurez-vous : le simulateur vous donne les clefs pour faire varier les différents paramètres, mais ne vous oblige pas en assumer les conséquences auprès d’une opinion publique particulièrement irritable à ce sujet.

Lien vers le simulateur :
http://www.cor-retraites.fr/simulateur/

Damien VIEILLARD-BARON.

Une protection sociale sur mesure pour les travailleurs non salariés (TNS)

Posté le 28 novembre 2017

Les travailleurs non salariés constituent un ensemble très hétérogène. On y trouve des dirigeants d’entreprises, des artisans, des commerçants, de jeunes entrepreneurs, des professions libérales… Leur point commun : contrairement à 90% de la population active, ils ne sont pas salariés et, de ce fait, bénéficient d’une couverture sociale moins étendue. Des solutions complémentaires existent toutefois, avec des garanties de mieux en mieux adaptées à des situations et des besoins des plus variés.

Une protection sociale sur mesure pour les  travailleurs non salariés (TNS)

Chez les TNS aussi, la complémentaire santé se généralise

Les travailleurs non salariés (TNS) bénéficient, comme les salariés, d’une couverture maladie de base. Comme les salariés, ils sont remboursés partiellement pour leurs consultations médicales, et quasiment livrés à eux-mêmes quand il s’agit d’optique ou de soins dentaires. Tandis que la généralisation de la complémentaire santé permet désormais à tous les salariés de bénéficier d’une couverture complémentaire minimale,  il n’en va pas de même pour les indépendants. Ils ont, néanmoins, la possibilité de souscrire des assurances complémentaires à des conditions fiscalement avantageuses dans le cadre de la loi Madelin. D’autant que les offres les plus récentes répondent mieux à leurs attentes en matière de souplesse et de simplicité. Par exemple, les offres sélectionnées par Gerep proposent respectivement 6 et 8 niveaux de garanties, ainsi que des prestations innovantes telles que les téléconsultations médicales, ou divers services d’assistance qui leur permettent de sauvegarder leurs biens les plus rares : le temps et la sérénité.

Prévoyance : encore du chemin à parcourir

Si la complémentaire santé gagne du terrain chez les TNS, c’est beaucoup moins le cas pour la prévoyance, puisque seuls 60% des non salariés ont souscrit un contrat. Pourtant, l’inégalité entre les salariés et les autres est bien plus criante sur les gros risques couverts par la prévoyance : décès, invalidité, incapacité… Et leurs conséquences n’en sont que plus graves. Un arrêt maladie de plusieurs mois signifie généralement la fin de l’activité pour un indépendant et constitue une grave menace pour la survie d’une petite entreprise. C’est pourquoi les assureurs ont concocté des options telles que la garantie « homme clé » ou une prise en charge des frais généraux permanents de l’entreprise en cas d’arrêt de travail du dirigeant. 

D’autre part, certains assureurs ont misé sur la simplicité pour séduire les TNS : adhésion en ligne avec effet immédiat, et questionnaire médical réduit à sa plus simple expression avec juste quelques cases à cocher. Mais, pour que les contrats santé et prévoyance demeurent réellement simples dans la durée, il est indispensable de recourir à un conseil personnalisé, et à une gestion réactive et de qualité. D’autant que la suppression évoquée du RSI, si elle ne remet pas en cause le rôle crucial des assurances complémentaires, pourrait néanmoins induire quelques évolutions réglementaires à examiner de près. 

 
 
Damien Vieillard-Baron