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Les affections psychiques, des maladies professionnelles qui coûtent cher !

Posté le 06 février 2018

L’Assurance maladie a publié une étude sur les affections psychiques liées au travail. Les chiffres de 2016 révèlent une hausse spectaculaire des cas reconnus comme accidents du travail ou maladie professionnelle. Ce phénomène est-il dû à une meilleure prise en compte des risques psycho-sociaux,  ou révèle-t-il une dégradation des conditions de travail ? Difficile de répondre avec certitude. Ce qui ne fait, en revanche, aucun doute, c’est que les employeurs ne peuvent plus considérer le mal-être de leurs salariés comme une question privée qui ne les concerne pas.

Les affections psychiques, des maladies professionnelles qui coûtent cher !

10 000 affections psychiques reconnues en 2016 au titre des accidents du travail.

En 2016, 10 000 cas de troubles psychiques liés au milieu professionnel ont été considérés comme des accidents du travail. Concrètement, il s’agit de situations où le stress, des conflits au sein de l’entreprise, la souffrance liée à l’organisation du travail, ou une lassitude extrême ont abouti au célèbre burn-out. Pour chaque cas, un certificat médical atteste de la réalité de la pathologie, tandis que l’Assurance maladie s’assure que le travail en est bien la cause « essentielle et déterminante ».

À ces cas s’ajoutent quelques 10 000 autres accidents du travail, où des risques psycho-sociaux ont été cités parmi les circonstances qui ont mené à l’incident. Au total, les affections psychiques jouent un rôle dans 3,2% des accidents du travail. 

Maladies professionnelles : le nombre de cas des affections psychiques multiplié par 7 en 5 ans.

Les affections psychiques peuvent également être reconnues comme des maladies professionnelles. Plus de 1 100 demandes ont été enregistrées en 2016 contre à peine 200 en 2012. Pour obtenir cette reconnaissance, les troubles doivent entraîner une incapacité supérieure à 25% et le lien « direct et essentiel » avec l’activité professionnelle doit être établi. Dans plus de 50% des cas, le comité (CRRMP) chargé de statuer sur la demande rend un avis favorable.

Un coût considérable : 230 M€ en 2016.

La durée moyenne des accidents du travail liés aux affections psychiques s’élève à 112 jours contre 65 jours pour l’ensemble des cas. Dans les cas reconnus comme maladie professionnelle, la durée moyenne d’arrêt atteint les 400 jours. C’est pourquoi les troubles psychiques coûtent particulièrement cher : 230 millions d’euros pour la branche AT/MP (Accident du travail / Maladie professionnelle) en 2016. Un coût supporté plus ou moins directement par l’entreprise. Dès lors que celle-ci emploie plus de 150 salariés, son taux de cotisation AT est individualisé, c’est-à-dire qu’il dépend de la sinistralité enregistrée au sein même de l’entreprise ou de l’établissement. À ce coût, direct, s’ajoute un cortège de fléaux, tout aussi pénalisants, qui accompagnent le mal-être au travail : turn-over, absentéisme, tension sociale, désengagement, baisse de la productivité, etc. À n’en pas douter, la qualité de vie au travail ne doit pas être la cerise sur le gâteau, ni un heureux hasard, mais bel et bien un capital à préserver.

En savoir plus :

Les dossiers de l’INRS

Les outils de l’ANACT

Le livre blanc de la QVT

Damien VIEILLARD-BARON.