Les Ateliers de la Protection Sociale

Informations sur les retraites : DRH, à vous de jouer !

Posté le 26 janvier 2017

La retraite n’a longtemps été qu’un problème très lointain pour les salariés, et donc, pour les DRH. La certitude de pouvoir profiter de ses vieux jours à l’abri du besoin était même l’un des attraits principaux du salariat. Mais l’insouciance a cédé le pas à l’inquiétude, et les DRH doivent s’emparer du sujet. Jusqu’alors, parler retraite, c’était un peu ouvrir la boîte de Pandore, les discussions relatives aux rémunérations différées dérivant toujours vers l’épineuse question du revenu immédiat. Mais, la maturité et l’inquiétude grandissantes des salariés autour du thème de la retraite, rendent ce débat souhaitable voire indispensable au sein de l’entreprise.

Informations sur les retraites : DRH, à vous de jouer !

De l’inquiétude collective à l’inquiétude individuelle

Le régime des retraites vacille sous le poids de la démographie. En cause : l’allongement de la durée de la vie et la diminution de la part des actifs par rapport aux retraités. En 1970, la population comptait trois actifs pour un inactif de plus de 60 ans. Ce ratio est aujourd’hui de 2,1 et devrait se rapprocher de 1,5 en 2050. En attendant de subir un éventuel allongement de la durée de cotisation, les salariés doivent, de toute façon, se préparer à un tassement du taux de remplacement en deçà de 50% pour les cadres partant en retraite, au terme d’une carrière pourtant sans accident. Une chute de revenus dont les salariés n’ont pas encore suffisamment conscience. Mais, après le déni, c’est la douche froide qui les attend.

Mourir trop jeune ou survivre à son épargne ?

Les salariés ignorent également leur propre longévité. Même avec les récents reports de l’âge de la retraite, celle-ci va durer, en moyenne, de 24 ans pour les hommes et 29 ans pour les femmes. Et plus encore demain, avec, de surcroît, une moyenne de 5 à 10 ans de vie en situation de dépendance. De sorte que le bas de laine accumulé au cours de leur carrière pourrait se vider bien trop vite ! Laisser quelque chose à ses enfants, voilà ce qui, hier, donnait du sens à l’épargne. Aujourd’hui, il s’agit plutôt de s’organiser pour ne pas devenir une charge. Pour s’en prémunir, la bonne mesure consisterait à économiser autant pour sa retraite que pour sa résidence principale.

Des salariés inquiets mais peu réactifs et mal informés

Selon une étude TNS Sofres, 62% des 35 – 44 ans considèrent la retraite comme un sujet préoccupant. Mais seuls 38% affirment avoir commencé à préparer leur retraite sur le plan financier. Quant à savoir d’où doit venir l’information sur les solutions d’épargne retraite collective, ils sont 57% à citer l’employeur, devant le banquier ou l’Etat.

Certains DRH commencent à sensibiliser les salariés à cette problématique. Mais généralement, la question n’est abordée que lors de la mise en place d’un système d’épargne facultatif - Perco et le régime Article 83, ou 5 à 6 ans avant la retraite, pour un bilan, lorsqu’il est déjà trop tard pour réagir.

Il est temps que salariés et employeurs cessent de fermer les yeux sur la retraite. Ce repos mérité n’est pas un cadeau tombé du ciel ; il se construit pas à pas, au fil de ses bulletins de paie, tout au long de sa carrière. Ce en quoi il relève de la responsabilité du salarié, mais également de celle de son employeur.

>>> Nos conseils

Les régimes facultatifs tels que le Perco ou les contrats à cotisation définie Article 83 sont d’excellents moyens de communiquer sur le thème, notamment autour des versements volontaires. Faire prendre conscience de la nécessité de se soucier de sa retraite, c’est aussi valoriser les efforts de l’entreprise dans ce domaine.

Il est, d’autre part, indispensable d’attirer l’attention des salariés sur les relevés de points envoyés à échéance régulière, et de faire de la pédagogie pour les aider s’emparer de ce problème.

Enfin, pourquoi ne pas proposer des bilans retraite, plus tôt, par exemple, aux salariés âgés de quarante à cinquante ans ? Avec des parcours de plus en plus chaotiques et l’impression confuse qu’ils ne bénéficieront pas des mêmes avantages que leurs aînés, les salariés ont, plus que jamais, besoin d’être accompagnés.

 Damien Vieillard-Baron

Alerte sur les taux négatifs ! Les conséquences sur l’épargne retraite des salariés

Posté le 12 janvier 2017

Vincent Danis, président de Savinianne, société de conseil financier et immobilier, partenaire de Gerep, passe en revue les différentes solutions qui s’offrent aux salariés pour gérer au mieux leur épargne salariale et les sommes investies sur les contrats de retraite Article 83.

Alerte sur les taux négatifs ! Les conséquences sur l’épargne retraite des salariés

« Le contexte de taux bas, nuls voire négatifs bouleverse nos repères et les modèles traditionnels. Les fonds dits prudents ou équilibrés, parfois constitués majoritairement d’obligations, deviennent finalement très risqués. Si les taux remontent, ils plongeront. Il est indispensable que les salariés épargnants prennent conscience de cette réalité et s’y adaptent pour protéger leur épargne retraite car les investissements les plus sûrs ne sont pas toujours ceux que l’on croit… »

Monétaire : la garantie… d’un rendement négatif

« Le marché monétaire européen se trouve dans une situation inédite, et difficilement compréhensible, de taux nuls voire négatifs. Au cours du mois de novembre 2016, les taux français sont restés négatifs jusqu’à une maturité 5 ans . En d’autres termes, les créanciers paient pour prêter de l’argent sur le marché !

Conséquence : les fonds monétaires offrent des rendements d’autant plus négatifs que des frais de gestion sont prélevés par les gestionnaires. Ces placements, réputés les plus sécuritaires, sont largement répandus dans les portefeuilles des épargnants. Mais ils ne garantissent plus qu’une chose : une lente érosion de son capital. »

Fonds obligataires et diversifiés : attention danger !

« Les fonds obligataires sont investis dans des obligations émises par les états et, plus rarement, les entreprises. À dix ans, les obligations d’état de la zone euro offrent des rendements compris entre 0,30 et 0,60%. Une fois déduits les frais de gestion, on se rapproche une fois encore de 0. Mais si les taux venaient à se redresser, la valeur de cotation des obligations plongerait. Ces fonds pourraient enregistrer des moins-values comparables à ce qu’on a pu voir sur les actions.

En cas de remontée des taux, la plupart des fonds diversifiés accompagneraient le mouvement. Fonds prudents, équilibrés ou modérés, ils consacrent 40, 50 ou même 60% de leurs actifs aux obligations, parfois de manière figée, quelque soit le contexte. Il est donc urgent de fuir les fonds diversifiés qui font la part belle aux obligations. »

Le rendement des Fonds en euros se tasse progressivement

« Dans ce marasme, les meilleurs fonds en euros devraient continuer d’offrir, en 2016, des rendements supérieurs à 2%, les autres se maintenant au-delà de 1,5%. Pourquoi ces fonds, majoritairement investis en emprunts d’états, résistent-ils si bien ? Leurs rendements sont dopés par des titres anciens, émis à une époque, par exemple sept ou huit ans plus tôt, où les taux étaient bien supérieurs. Ces fonds ont la faculté, dans les années fastes, de constituer des provisions qu’ils peuvent étaler sur huit ans pour renforcer les performances des années de vaches maigres.

Tous ces éléments procurent un effet amortisseur aux fonds en euros, la baisse des rendements prenant la forme d’un tassement progressif. Seule une remontée brutale des taux risquerait de mettre en danger cette mécanique. En conséquence, même si leurs performances devraient continuer de diminuer, les fonds en euros restent un refuge satisfaisant à court terme pour les adeptes de sécurité. » 

Actions, immobilier et fonds réactifs : les placements risqués ne sont pas toujours ceux que l’on croit

« Dans ce contexte, d’autres placements, jugés plus risqués, deviennent des choix de bon sens, à plus forte raison dans une logique de long terme. Il est temps de faire confiance aux actions, et surtout à l’immobilier, via des OPCI ou, mieux encore, via des SCPI. En période taux bas, une hausse des valorisations vient en effet s’ajouter au rendement locatif élevé.

Autre possibilité : confier ses avoirs à des fonds plus réactifs dans leur allocation, qui s’autorisent une marge de manœuvre importante dans leurs choix d’investissements. Selon les opportunités, ils pourront aller chercher des moteurs de performance sur d’autres classes d’actifs comme les devises. »