Lorsqu’on intervient sur la protection sociale des salariés, le maître mot est « dialogue social ». Même si l’accord collectif d’entreprise, stricto sensu, n’est pas une obligation , les équipes de Gerep se sont fait une spécialité et un devoir d’emporter l’adhésion des salariés. « La négociation d’un contrat collectif de prévoyance est même une occasion idéale d’apaiser et enrichir le dialogue social au sein de l’entreprise », soutient Guy Jullien, associé chez Gerep. À condition de gagner et conserver un statut d’expertincontestable. Voici quelques conseils pour y parvenir.

Dialogue social : 4 regles d’or pour parvenir à un accord collectif

1- Avoir un souci de pédagogie

C’est un passage obligé pour démontrer sa crédibilité d’expert ! Pour créer un débat constructif, il faut générer de l’intérêt pour le sujet et permettre à ses interlocuteurs d’acquérir les compétences nécessaires. « Généralement, nous proposons de créer une commission spécifique à laquelle nous donnons les clés de compréhension des problématiques liées à la prévoyance et à la santé, afin de pouvoir construire les réponses ensemble », détaille Guy Jullien.  

2- Garder sa neutralité mais rester à la manœuvre

Dans la négociation paritaire, le courtier doit  garantir l’image d’un expert indépendant… choisi, certes, par le dirigeant. « Il faut surtout rester extérieur aux débats qui pourraient polluer la discussion, et défendre les intérêts des deux parties, rappelle Guy Jullien. C’est cette triangulation du débat qui évite l’affrontement. » Mais être neutre n’empêche pas d’émettre des avis et de diriger le dialogue pour trouver des solutions à l’intérieur d’un cadre et d’un budget fixés au préalable avec le dirigeant.

3- Tenir un langage de vérité

Ne pas tricher, ne pas mentir, ne pas tronquer la réalité : voilà des règles incontournables qui évitent bien des conflits dans une relation à long terme. Et pourtant, ce n’est pas toujours simple. Quelle solution proposer à un client qui trouve que sa mutuelle est trop chère ? « Les frais de santé ne cessent d’augmenter et la sécu tend à transférer le poids de certaines dépenses aux complémentaires santé, souligne Guy Jullien. Dans ces conditions, promettre des baisses de tarifs à prestation égale, c’est tout simplementun déni de réalité » 

4- Apporter des réponses sur-mesure et consensuelles

Être compétent, c’est bien la moindre des choses pour un expert. Cette compétence se matérialise quand il s’agit de modérer les garanties pour éviter de  laisser déraper les dépenses de mutuelle. « Baisser une garantie, c’est tabou, affirme Guy Jullien. Notre rôle d’expert consiste à analyser celles qui peuvent être modifiées sans léser les salariés. Par exemple : la prise en charge des consultations auprès des spécialistes. Si, abaisser la base de remboursement de 70 € à 60 € ne concerne que 10 % des salariés, c’est une option qui peut être envisagée. Autre exemple : la rente viagère de conjoint, une garantie qui pèse lourdement sur la cotisation et qui ne correspond plus forcément à une priorité pour des salariés dont les conjoints majoritairement travaillent. » 

C’est à ces quatre conditions qu’un tiers, un expert, obtient la crédibilité et la légitimité nécessaires pour être un « facilitateur »  du dialogue social dans l’entreprise.  Un rôle complexe mais essentiel, que l’Etat a toutes les peines du monde à jouer à l’échelon national. Pour preuve : le récent échec des négociations, entre patronat et syndicats, dont le sujet était… le dialogue social.