« Le contexte de taux bas, nuls voire négatifs bouleverse nos repères et les modèles traditionnels. Les fonds dits prudents ou équilibrés, parfois constitués majoritairement d’obligations, deviennent finalement très risqués. Si les taux remontent, ils plongeront. Il est indispensable que les salariés épargnants prennent conscience de cette réalité et s’y adaptent pour protéger leur épargne retraite car les investissements les plus sûrs ne sont pas toujours ceux que l’on croit… »

Monétaire : la garantie… d’un rendement négatif

« Le marché monétaire européen se trouve dans une situation inédite, et difficilement compréhensible, de taux nuls voire négatifs. Au cours du mois de novembre 2016, les taux français sont restés négatifs jusqu’à une maturité 5 ans . En d’autres termes, les créanciers paient pour prêter de l’argent sur le marché !

Conséquence : les fonds monétaires offrent des rendements d’autant plus négatifs que des frais de gestion sont prélevés par les gestionnaires. Ces placements, réputés les plus sécuritaires, sont largement répandus dans les portefeuilles des épargnants. Mais ils ne garantissent plus qu’une chose : une lente érosion de son capital. »

Fonds obligataires et diversifiés : attention danger !

« Les fonds obligataires sont investis dans des obligations émises par les états et, plus rarement, les entreprises. À dix ans, les obligations d’état de la zone euro offrent des rendements compris entre 0,30 et 0,60%. Une fois déduits les frais de gestion, on se rapproche une fois encore de 0. Mais si les taux venaient à se redresser, la valeur de cotation des obligations plongerait. Ces fonds pourraient enregistrer des moins-values comparables à ce qu’on a pu voir sur les actions.

En cas de remontée des taux, la plupart des fonds diversifiés accompagneraient le mouvement. Fonds prudents, équilibrés ou modérés, ils consacrent 40, 50 ou même 60% de leurs actifs aux obligations, parfois de manière figée, quelque soit le contexte. Il est donc urgent de fuir les fonds diversifiés qui font la part belle aux obligations. »

Le rendement des Fonds en euros se tasse progressivement

« Dans ce marasme, les meilleurs fonds en euros devraient continuer d’offrir, en 2016, des rendements supérieurs à 2%, les autres se maintenant au-delà de 1,5%. Pourquoi ces fonds, majoritairement investis en emprunts d’états, résistent-ils si bien ? Leurs rendements sont dopés par des titres anciens, émis à une époque, par exemple sept ou huit ans plus tôt, où les taux étaient bien supérieurs. Ces fonds ont la faculté, dans les années fastes, de constituer des provisions qu’ils peuvent étaler sur huit ans pour renforcer les performances des années de vaches maigres.

Tous ces éléments procurent un effet amortisseur aux fonds en euros, la baisse des rendements prenant la forme d’un tassement progressif. Seule une remontée brutale des taux risquerait de mettre en danger cette mécanique. En conséquence, même si leurs performances devraient continuer de diminuer, les fonds en euros restent un refuge satisfaisant à court terme pour les adeptes de sécurité. » 

Actions, immobilier et fonds réactifs : les placements risqués ne sont pas toujours ceux que l’on croit

« Dans ce contexte, d’autres placements, jugés plus risqués, deviennent des choix de bon sens, à plus forte raison dans une logique de long terme. Il est temps de faire confiance aux actions, et surtout à l’immobilier, via des OPCI ou, mieux encore, via des SCPI. En période taux bas, une hausse des valorisations vient en effet s’ajouter au rendement locatif élevé.

Autre possibilité : confier ses avoirs à des fonds plus réactifs dans leur allocation, qui s’autorisent une marge de manœuvre importante dans leurs choix d’investissements. Selon les opportunités, ils pourront aller chercher des moteurs de performance sur d’autres classes d’actifs comme les devises. »