Les Français seraient-ils subitement devenus confiants dans les nouvelles technologies et avides de changement ? En matière de santé, cela semble bien être le cas… Une étude réalisée en mars 2018 par Odoxa, le Baromètre Santé 360, révèle, en effet, que plus des deux tiers des Français considèrent le développement de la e-santé au travers des outils numériques comme une source d’espoir plutôt qu’une source de crainte. À l’heure où les pouvoirs publics cherchent inlassablement des solutions pour rendre le système de santé plus efficace, un tel engouement pourrait les inciter à avancer à grands pas vers la médecine 2.0.

Pour les Français, qualité des soins rime avec nouvelles technologies

Pour une large majorité des Français, l’usage du numérique et des services liés aux nouvelles technologies sont des leviers puissants de satisfaction à l’égard de l’hôpital. Ceux qui considèrent que leur établissement de santé est « en avance » sur la question des nouvelles technologies sont également ceux qui ont la meilleure appréciation de leur passage à l’hôpital. 
De toute évidence, la technologie inspire désormais confiance. 81 % des personnes interrogées pensent, en effet, que le développement des outils numériques permettra d’améliorer la qualité des soins dans le pays. En toute logique les outils qui permettront une amélioration de la gestion et de l’organisation des soins sont plébiscités : prises de rendez-vous en ligne, démarches de pré-admission, accompagnement des patients dans le suivi de leur traitement, échanges par SMS, etc.

Le changement des pratiques en question

Les Français se montrent presque aussi enthousiastes sur les utilisations potentielles de leurs données de santé individuelles. Ils sont 77 % à juger positivement le fait que le soignant (c’est-à-dire toutes les soignants) puisse avoir accès en un clic à toutes leurs données de santé, et tout aussi nombreux à souhaiter que le suivi post-hospitalisation puisse se faire via des objets connectés.
Sur la question précise du suivi des maladies chroniques ou des affections de longue durée, 80 % des Français se disent prêts à recourir aux objets connectés ou aux services numériques pour échanger des données médicales. Un chiffre bien supérieur à l’estimation faite par les médecins vis à vis de leurs patients. Dans l’étude, ceux-ci estiment à 38 % la proportion des Français qui seraient prêts à de tels changements. Les craintes et réticences des patients sont donc largement surestimées par les médecins. 
Avec le déploiement la télémédecine, effectif depuis le 15 septembre, l’avenir nous dira si la bienveillance des Français à l’égard des nouvelles technologies, pour l’instant virtuelle, résiste à la mise en œuvre concrète de changements dans leurs relations avec le monde médical.

Damien Vieillard-Baron

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