L’absentéisme coûte cher ! À la Sécurité sociale, bien sûr, mais également aux entreprises, elles-mêmes, impactées par des coûts directs et indirects qui atteignent des montants vertigineux. Toutefois, aujourd’hui, plus question de se contenter d’incriminer les salariés trop bien remboursés, les temps ont bien changé. De nombreuses études pointent plutôt la responsabilité des employeurs, reliant la question de l’absentéisme à celle du bien-être au travail. Question dont les entreprises françaises se sont peu saisies, pour l’instant. Cela dit, sont-ils vraiment les seuls responsables ?

Oui, l’absentéisme coûte de plus en plus cher à la Sécu…

Au mois de juin 2018, les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) avaient couté plus de 10,4 milliards d’euros sur 12 mois, un total en augmentation de 4 % par an entre 2013 et 2018. Selon une étude de Malakoff Médéric, la hausse est principalement portée par les arrêts de longue durée : +10 % depuis 2012. Leur impact est colossal. Car si les absences de plus d’un mois ne représentent que 13 % des certificats, ils totalisent 71 % des jours d’arrêt. Une étude de la CNAM éclaire cette évolution d’un jour nouveau : le recul de l’âge de la retraite serait la principale cause des dérives récentes. Le taux d’emploi de la population des 55-64 ans a, en effet, progressé fortement depuis 2010. Et, cette tranche d’âge est plus susceptible que le reste de la population de se trouver en arrêt maladie. CQFD.

… mais il coûte aussi très cher aux entreprises !

Le 10ème baromètre de l’absentéisme publié par Ayming confirme cette tendance. En 2017, l’absentéisme représenterait 4,72 % des heures travaillées dans les entreprises privées soit 17,2 jours d’absence par salarié. Un chiffre qui ne cesse de grimper. L’Iseor (Institut de socio économie des entreprises et des organisations) s’est employé à évaluer les coûts cachés de l’absentéisme pour les entreprises. En cumulant les salaires versés aux absents compte tenu des accords en vigueur, les coûts de « non-production », et les frais engagés par l’entreprise en raison de l’absence, l’étude aboutit à un coût annuel de 3 521 € par salarié. Extrapolé à l’ensemble de la population active, le coût de l’absentéisme s’élèverait alors à 108 milliards €, soit 10 fois plus que le montant des IJSS ! Cerise sur le gâteau, l’Iseor juge que seul 1/3 de cet absentéisme serait incompressible. Quid des 2/3 restants ? Selon, l’Institut Sapiens, ils seraient dus à des conditions de travail dégradées, à une organisation du travail défaillante, ou plus généralement à des défauts de management. Principale victime de l’absentéisme, l’employeur pourrait aussi avoir sa part de responsabilité.

Objectif prévention… à marche forcée, si nécessaire

Ces chiffres sont-ils vraiment fiables à 100 % ? On pourrait certainement les mettre en doute, les nuancer ou même les confronter : vieillissement de la population active pour la CNAM contre nécessité de meilleures conditions de travail et d’un mode de management réinventé pour l’Institut Sapiens et l’Iseor… Mais l’essentiel est ailleurs. Nombre de rapports et d’études en appellent, plus ou moins explicitement, à la responsabilité des employeurs. Publié récemment, le rapport Charlotte Lecoq sur la santé au travail pointe du doigt les lacunes de la prévention santé dans les entreprises. L’idée que les employeurs doivent désormais prendre en charge cette question fait de plus en plus consensus. Or, même si l’absentéisme est un sujet de préoccupation pour 56 % des dirigeants, trop peu d’entreprises ont réellement mis en œuvre une stratégie cohérente d’amélioration de la qualité de vie au travail. Puisque l’appel à la bonne volonté n’a pas fonctionné, il y a fort à parier que les prochaines mesures incitatives n’hésiteront plus à frapper au portefeuille les entreprises les moins vertueuses en matière de prévention santé. L’opinion y est, en tout cas, de plus en plus préparée.

Les employeurs sont-ils vraiment les seuls responsables ?

Si les employeurs ont leur part de responsabilité dans l’absentéisme, que dire des autres causes qui pèsent sur la vie du salarié, comme la porosité vie personnelle / vie professionnelle. Le stress ou l’anxiété peuvent être liés à une cause externe à leur milieu professionnel mais générer de l’absentéisme. Les employeurs se retrouvent donc paradoxalement à proposer des solutions pour accompagner leurs collaborateurs dans la gestion de leurs aléas personnels afin de garantir leur présence sur leur lieu de travail.

À noter également, le temps de trajet et les difficultés rencontrées dans les transports en commun, notamment en Région parisienne, créent une source de stress pour les salariés qui arrivent parfois déjà épuisés d’avoir lutté pour quelques centimètres carrés dans une rame de métro bondée pour atteindre leur lieu de travail. Les pouvoirs publics n’auraient-ils pas alors leur propre part de responsabilité ?

Quelles solutions pour les employeurs ?

Acteur de la protection sociale depuis 30 ans, Gerep a bien identifié les enjeux rencontrés par ses clients qui, peu bousculés par les contraintes réglementaires, ont surtout la volonté de créer une « marque employeur » forte afin de recruter les meilleurs talents, et d’engager leurs collaborateurs.

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Damien Vieillard-Baron