Période analysée 20 janvier – 27 avril 2020

NET RECUL DES PRESTATIONS EN SANTE : -29% sur la période étudiée vs 2019
Légère reprise de la consommation médicale lors de la semaine du 21 avril 2020 (-65% vs des baisses proches de 80% lors des quatre semaines précédentes)

LE SECTEUR OPTIQUE : -58% sur la période étudiée vs 2019
Toujours un net décrochage avec des taux de baisse de la consommation supérieurs à 90% sur la période de confinement

LES SOINS DENTAIRES : -29% sur la période étudiée vs 2019
Après avoir enregistré un arrêt pratiquement total les 5 premières semaines de confinement, la consommation de soins dentaires reprend d’une manière partielle la semaine du 21 avril 2020 (+21Pts)

LES CONSULTATIONS CHEZ UN MÉDECIN GÉNÉRALISTE : -24.5% sur la période étudiée vs 2019
Après avoir connu une baisse de 68%, une légère remontée est notée sur la semaine du 21 avril 2020

«Les projections que nous anticipons, en modélisant la consommation 2020 jusqu’au 31 décembre, laisserait probablement apparaitre un scénario en forme de « logo Nike ». En effet, un rattrapage aura certainement lieu et sera probablement étalé dans le temps. A partir de ce modèle, et hors effet de rattrapage, nous évaluons l’impact actuel sur la consommation annuelle à une baisse de 8%.

Quant à la prévoyance, secteur particulièrement sous tension, nous constatons, chez GEREP une augmentation du nombre de déclaration d’arrêt de travail de 50% en mars et de 100% en avril par rapport à une moyenne mensuelle.
Nous évaluons l’impact de ces deux mois de chômage partiel sur 50% des salariés, sur la baisse des cotisations prévoyance et frais de santé des OC collectives à environ 300 M€ en prévoyance et 99 M€ en frais de santé. Les contrats auront aussi à absorber dans les prochaines semaines les impayés de cotisations et le coût de la portabilité des droits si une vague de licenciement massif devait intervenir. »

Damien Vieillard-Baron, Président de Gerep.

GEREP, société de courtage en assurance collective, a analysé pour la deuxième fois les évolutions de consommations et de comportements de ses assurés dans ce contexte de crise sanitaire et économique.
Ce baromètre est mené auprès d’une partie significative du portefeuille clients de GEREP (panel d’environ 60 000 bénéficiaires).
Cette analyse a été effectuée dès l’annonce officielle des premiers cas de Covid-19 (20 janvier 2020) et a eu lieu d’une manière hebdomadaire (13 semaines de données observées pour la vague 1, parue le 23 avril dernier, et 14 semaines de données observées pour cette seconde vague).
Il est certain que des effets différés ou décalés du confinement apparaitront dans un second temps, à moyen et long terme, avec l’apparition de pathologies consécutives au confinement. Mais qu’en est-il à très court terme ?

Principales conclusions de l’impact « consommation » sur la complémentaire santé

Un net recul des prestations en santé : -29% sur la période étudiée vs 2019 (20 janvier au 27 avril 2020)

La crise sanitaire et économique engendrée par la pandémie de Covid-19 et le confinement de la population révèlent leurs premiers effets sur l’économie de la santé. Sans surprise, l’étude GEREP révèle que la crise du Covid-19 est loin d’être neutre sur les dépenses santé des français.

Celle-ci laisse, en effet, apparaitre clairement, une baisse significative des remboursements, et ce, particulièrement à partir du 16 mars début de la période de confinement.

  • Sur les 14 semaines de la crise sanitaire (à partir de la semaine du 20 janvier), il est constaté une baisse de 29% par rapport à la même période de l’année 2019.
  • Une accentuation a été enregistrée à partir de la semaine de l’annonce du confinement (-67%), qui s’est suivie par une baisse significative lors des 4 semaines suivantes du 23 mars, du 30 mars, 6 avril et 13 avril 2020 (-77% des dépenses de santé en moyenne).
  • En revanche, la VAGUE#2 du baromètre, permet de constater une reprise partielle de la consommation médicale sur la semaine du 21 avril. En effet, cette dernière semaine analysée a été marquée par une légère diminution de l’écart : -65% de remboursement par rapport à la même période 2019, alors que les 5 premières semaines de confinement enregistraient une baisse moyenne de 77%.
Une situation contrastée selon les actes

Le Baromètre GEREP analyse également dans le détail, l’impact du confinement sur les principaux postes qui

représentent 80% des dépenses d’une complémentaire santé, à savoir :

  • Optique 26% des remboursements
  • Dentaire 21% des remboursements
  • Consultations visites 11% des remboursements
  • Hospitalisation 11% des remboursements
  • Pharmacie 10% des remboursements

1. Le secteur optique : -58% sur la période étudiée vs 2019 (20 janvier au 27 avril 2020)

Le secteur optique a vécu un début d’année marqué par la mise en application effective du plafonnement des équipements optiques à la suite de la réforme dite du « 100% Santé ». Les remboursements d’équipements optique ont donc logiquement baissé, et ce, avant même le confinement, en revanche un décrochage violent est noté dès la semaine du 16 mars.

  • Un premier niveau de baisse, certainement lié au 100% Santé, est d’abord observé (-32% en moyenne) avant une chute vertigineuse de plus de 90% de la consommation en période de confinement.
  • Par ailleurs, il est également intéressant de noter que les montures enregistrent une baisse de 58% sur la période étudiée par rapport à 2019.
  • La VAGUE 2 ne révèle aucune amélioration de la reprise de la consommation sur la dernière semaine analysée, celle-ci reste, en effet, pratiquement nulle (-94%).

2. Dentaire : -29% sur la période étudiée vs 2019 (20 janvier au 27 avril 2020)

L’application de la réforme 100% santé, qui prend en compte la position de la dent et le matériau utilisé pour les prothèses dentaires, a plutôt augmenté le niveau des remboursements depuis le début d’année. La période de confinement, avec la fermeture des cabinets dentaires, a réduit à presque zéro la consommation.

  • En effet, l’étude Gerep révèle un net décrochage de la consommation de soins dentaire : avec une baisse de près de 90% dès la première semaine de l’annonce du confinement, de 98% la semaine du 6 avril, et une consommation nulle la semaine du 13 avril 2020
  • La VAGUE#2 met en exergue une reprise de la consommation la semaine du 21 avril (-79% soit +21 pts vs semaine du 13 avril 2020).

3. Soins courants

Il apparait clairement une diminution des consultations et visites médicales, tant pour les médecins spécialistes que pour les médecins généralistes, très certainement liée à la peur des français de se rendre, tout simplement chez le médecin.

  • Généralistes : en moyenne -24.5 % sur la période et -68% au plus fort.
  • Spécialistes : en moyenne -25.0 % sur la période et -79% au plus fort.

Toutefois, il est à noter une légère remontée sur la semaine 14 (semaine du 21 avril 2020), respectivement -42% sur les généralistes et -40% sur les spécialistes.

En revanche, les français se sont révélés, sur la période étudiée, beaucoup moins réfractaire à se rendre en pharmacie, en début de confinement. En effet, on constate aucun impact du confinement, sur ce poste qui enregistre d’ailleurs une augmentation de 1,5% jusqu’à début avril. En revanche, une chute brutale de 26% a été enregistrée les trois dernières semaines (-8% en moyenne sur 14 semaines).

Enfin, l’inertie généralement constatée sur le poste Hospitalisation (décalage de traitement du tiers payant hospitalier et autres retards de facturation) ne permettent pas d’observer d’effets significatifs, sur cette période de 14 semaines. L’écart constaté est de -0.8% mais avec des variations fortes selon les semaines.

Il conviendra de voir si le report des hospitalisations prévues non urgentes aura un impact sur le second trimestre ou au-delà lors de la reprise d’activité hospitalière. L’écart constaté semble faible au regard des effets d’annonce sur ce point.

Méthodologie

Etude menée auprès d’une partie significative du portefeuille clients GEREP : Panel de 60 000 bénéficiaires en gestion. Analyse effectuée dès l’annonce officielle des premiers cas de Covid-19 (24 janvier 2020) d’une manière hebdomadaire (semaine du 20 janvier à la semaine du 27 avril, soit 14 semaines de données). Afin de « neutraliser » les variations d’effectifs, GEREP a retraité les résultats de consommation des effectifs sous risque, chaque semaine.

Important : Certaines données communiquées, le 23 avril 2020 (VAGUE#1 de l’étude) ont pu évoluer à la marge. En effet, GEREP effectue dans son modèle un ajustement des données en prenant en compte certains actes intervenus
pendant la période étudiée pour la VAGUE#1 (semaine du 20 janvier à la semaine du 19 avril) mais reçus/traités par GEREP après la période. La permanence des méthodes est appliquée dans la reconstitution des soins en 2019.

Vous pouvez télécharger le communiqué à ce lien.

Damien Vieillard-Baron