Les Ateliers de la Protection Sociale

Hausse de la CSG et baisse des cotisations : les gagnants, les perdants…

Posté le 05 juillet 2017

Le nouveau pouvoir exécutif entend redonner du pouvoir d’achat aux salariés et réduire l’écart entre le salaire brut et le salaire net, en supprimant 3,15% de cotisations salariales (assurance chômage et maladie). Cette mesure serait intégralement financée par une augmentation de la CSG de 1,7%.  Pour un salaire brut mensuel de 2000 €, le gain avoisinerait donc, après addition et soustraction, les 350 € par an. Dans ce jeu à somme nulle, s’il y a des gagnants, les salariés, alors qui sont les perdants ?

Hausse de la CSG et baisse des cotisations : les gagnants, les perdants…

CSG versus cotisations sociales : un jeu d’assiettes défavorable aux retraités

Si les cotisations d’assurance chômage et maladie ne concernent que les salaires, la CSG bénéficie d’une assiette beaucoup plus large. Cette taxe touche, en effet, également les revenus du capital, les revenus fonciers et les revenus de remplacement tels que les allocations chômage ou les pensions de retraite. Pour ces dernières, la CSG passera de 6,6% à 8,3%. Un couple de retraité percevant mensuellement 2500 € verra donc ses revenus grignotés de quelques 500 € chaque année. Ils pourront néanmoins se consoler avec la suppression de la taxe d’habitation qui devrait concerner 80% des foyers. Une mesure qui prendra effet, fort opportunément, « en même temps » que la hausse de la CSG.

 

Les petites pensions passent entre les mailles du filet

Les taux réduits ne devraient pas être concernés par la hausse de la CSG. Ainsi, lorsque les pensions ne dépassent pas 14 375 € par an pour une personne seule ou 22 051 € pour un couple, les taux (réduits) de CSG devraient rester à 3,8%. 

Si les pensions des retraités et chômeurs les plus modestes sont préservées de la hausse de la CSG, ce sera aussi le cas des revenus du capital, qui feront l’objet d’une autre réforme. Le programme du candidat Macron prévoyait, en effet, la mise en œuvre d’un prélèvement forfaitaire libératoire de 30% sur l’ensemble des revenus financiers. Une mesure qui nécessitera quelques précisions pour bien en comprendre l’impact. Quels types de revenus financiers seront concernés ? Quels seront les planchers, plafonds ou abattements ? Et y aura-t-il une possibilité d’opter pour l’impôt progressif ?

 

Retraite supplémentaire et épargne salariale : la double peine !

La hausse de la CSG n’épargnera pas les dispositifs de retraite supplémentaire et d’épargne salariale. Bien au contraire, elle s’invite à deux reprises dans le processus, à la fois au moment de constitution de l’épargne et de la sortie en rente viagère. Dans le cas des régimes Article 83 ou des Perco, la CSG s’applique, en effet, aussi bien, aux abondements ou qu’aux cotisations des entreprises. Même si cet impôt, prélevé à la source par l’employeur, est invisible pour le salarié, c’est bien ce dernier qui le paie sur une partie de l’enveloppe destinée à alimenter son épargne, et qui subira donc, une première fois, la hausse de 1,7%. La deuxième lame passe au moment du déblocage de l’épargne sous forme de rente viagère, également soumise à la CSG, au même taux que pour les retraites de base.

Un seul dispositif profiterait de la réforme : celui qui permet de monétiser son compte épargne temps (CET) en épargne sonnante et trébuchante (Article 83 ou Perco) et qui ne jouit aujourd’hui que d’une exonération partielle de charges sociales. Il bénéficierait de la suppression de la cotisation de 2,4% à l’assurance chômage. Une bien maigre consolation au regard du tribut payé par l’épargne salariale à cette réforme, qui entre quelque peu en contradiction avec les ambitions affichées par la loi Macron de redonner des couleurs au Perco et à l’intéressement.

 Damien Vieillard-Baron

Départ en retraite : n’oubliez pas d’être prévoyant !

Posté le 21 juin 2017

Oublier sa complémentaire santé ? Impossible, chaque famille y recourt, en moyenne 3,5 fois par mois. La prévoyance invalidité – décès est, elle, beaucoup plus fréquemment ignorée ou méconnue des salariés. C’est pourtant bien cette assurance qui couvre les plus gros coups durs de l’existence. Lors du départ en retraite du salarié, cette protection disparaît, au moment même où les risques d’accident, de chute ou de dépendance augmentent. Des solutions existent toutefois pour rester prévoyant, même à la retraite.

Départ en retraite : n’oubliez pas d’être prévoyant !

La prévoyance individuelle complémentaire

Se prémunir contre les accidents de la vie, et surtout, protéger ses proches, tels sont les objectifs qui régissent les garanties de la prévoyance complémentaire. Celles-ci permettent, en effet, de laisser un capital à sa famille en cas de décès, de rembourser les frais d’obsèques, ou de couvrir les dépenses et manques à gagner liés à une incapacité prolongée ou une invalidité.

De toute évidence, la perte de revenu lié à un accident ou à une maladie n’est plus une préoccupation pour les retraités. En revanche, le désir de protéger ses proches ne s’envole pas avec la fin de l’activité professionnelle. Il n’est pas rare qu’un retraité ait encore des enfants en âge scolaire. Certains apportent une aide financière à leurs rejetons, tandis que la plupart prennent conscience d’un risque qui augmente avec l’âge : celui de devenir une charge pour leur famille. Avec l’accroissement de la durée de la vie, les retraités se doivent d’anticiper une période de vie en situation de dépendance, qui menace de grignoter ou même engloutir leur épargne patiemment accumulée.

Garantie accidents de la vie : le minimum pour une retraite sereine

Si la souscription à une prévoyance complémentaire peut être jugée superflue ou trop onéreuse à une période de la vie où les revenus baissent, les nouveaux retraités ont la possibilité de se limiter à une garantie accidents de la vie, pour un tarif ne dépassant pas 11 € par mois pour une personne seule. Ces contrats offrent une protection contre les conséquences des accidents, brulures, ou chutes liées aux activités domestiques, aux loisirs ou aux occupations telles que le bricolage ou le jardinage.

Un risque loin d’être négligeable. Si les accidents de la route tuent 4.500 personnes chaque année, ceux de la vie courante en tuent 20.000 dont près des trois quarts ont plus de 65 ans. De plus, un tiers des séniors font une ou plusieurs chutes chaque année. Ces événements, qui peuvent faire basculer la vie des retraités, sont couverts par la garantie accidents de la vie : rapatriement et assistance en cas d’accident, indemnisation des préjudices  moraux et dommages corporels, adaptation du logement et aides diverses en cas de handicap, remboursement des frais funéraires… Si l’épargne est le meilleur moyen, pour les retraités prévoyants, de préparer leurs vieux jours sereinement, la garantie accidents de la vie est l’outil qui leur permet de faire face à ce que, malgré toutes leurs précautions, ils ne pouvaient pas prévoir.

Damien Vieillard-Baron