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Un réseau de soins regroupe des professionnels de santé (opticiens, dentistes, audioprothésistes) qui s'engagent à pratiquer des tarifs négociés et à respecter une charte de qualité, au bénéfice des salariés couverts par votre contrat collectif.
Pour un DRH, l'intérêt est direct : réduire le reste à charge des salariés sur les postes les moins bien remboursés par la Sécurité sociale, sans modifier une seule ligne du tableau de garanties. Un levier qui s'inscrit pleinement dans le pilotage d'une complémentaire santé collective.
Qu'est-ce qu'un réseau de soins ?
Le réseau de soins est un ensemble de professionnels de santé, proposant des tarifs plafonnés et signataires d’une charte de qualité et d’engagements.
Concrètement, le salarié qui consulte un professionnel du réseau paie moins cher et sa part remboursée par le régime est généralement plus élevée. Il reste toutefois libre de consulter le professionnel de son choix : hors réseau, il est remboursé selon les garanties de son contrat, mais sans bénéficier des tarifs négociés.
Le mécanisme repose sur deux effets qui se cumulent :
- Le tarif est encadré, le professionnel de santé partenaire s'engage à facturer en dessous d'un plafond négocié.
- La prise en charge est plus élevée, les équipements ou actes réalisés dans le réseau entrent dans les plafonds de remboursement prévus par le contrat de complémentaire santé de l’entreprise, au lieu de les dépasser. Le niveau de remboursement dépend alors des garanties du contrat de santé et du professionnel choisi.
C'est la combinaison des deux effets qui explique l'écart de reste à charge, et non la seule remise tarifaire.
Réseaux de soins ouverts ou fermés : quelle différence ?
Il existe deux principaux types de réseaux de soins : les réseaux ouverts et les réseaux fermés. La différence tient principalement aux conditions d’accès des professionnels de santé au réseau. Leur fonctionnement est encadré par la loi n° 2014-57 du 27 janvier 2014, dite loi Le Roux, qui garantit le libre choix du professionnel de santé par le patient et autorise les complémentaires à moduler leurs remboursements selon que l’assuré consulte ou non dans le réseau.
- Les réseaux ouverts sont accessibles à tout professionnel de santé qui souhaite y adhérer et qui respecte les critères définis par le réseau, notamment en matière de tarifs et de qualité des prestations.
- Les réseaux fermés limitent le nombre de professionnels partenaires, selon un numerus clausus défini par zone géographique. Les professionnels sont sélectionnés en fonction de critères qualitatifs et tarifaires.
En pratique, un réseau ouvert permet généralement de constituer un maillage territorial plus large, avec davantage de professionnels partenaires disponibles à proximité des assurés. Carte Blanche Partenaires fonctionne par exemple en réseau ouvert tandis que Kalixia, Santéclair, Itelis ou Sévéane appliquent un numerus clausus.
Quels postes sont concernés par un réseau de soins ?
Les réseaux de soins interviennent sur les postes où les tarifs sont libres et les restes à charge naturellement élevés :
- l'optique (montures, verres, lentilles)
- le dentaire (prothèses, implantologie)
- l'audioprothèse
- plus récemment, certaines médecines douces, selon les réseaux de soins (ostéopathie, psychologie, diététique, chiropractie)
Réseau de soins et réforme 100% Santé : quel lien ?
La réforme 100% Santé, entrée en vigueur progressivement entre 2019 et 2021 en optique, dentaire et audiologie, garantit l'accès à des équipements sans reste à charge sur des paniers standardisés, dans le cadre d’un contrat responsable. Le réseau de soins, lui, intervient sur les équipements hors de ce panier, plus personnalisés, souvent plus chers.
Le 100% Santé et les réseaux de soins répondent ainsi à des logiques complémentaires. Le premier garantit une prise en charge intégrale sur certains équipements et soins spécifiques, tandis que les réseaux de soins agissent principalement sur les tarifs négociés et peuvent contribuer à réduire le reste à charge sur les équipements à tarifs libres.
Point de vigilance :
Sur l'audioprothèse, la réforme 100% Santé a déjà fortement nivelé les tarifs de marché. L'écart apporté par le réseau y est donc devenu marginal, nous le détaillons plus loin avec les chiffres de notre portefeuille.
Un levier RH activable sans négocier le contrat
Pour une direction RH ou financière, le réseau de soins peut être un levier d’optimisation des dépenses de santé, sans nécessairement modifier les garanties du contrat. Son intérêt économique dépend donc de l’équilibre entre ce coût et les économies générées grâce aux tarifs négociés et à l’orientation des bénéficiaires vers les professionnels partenaires. Le taux d’orientation, c’est-à-dire la part des actes réalisés au sein du réseau plutôt qu’en dehors, constitue ainsi un indicateur clé pour évaluer son efficacité.
Or ce taux d'orientation dépend largement de l'information reçue par le salarié au moment où il en a besoin. C'est un levier de communication interne, mais aussi de marque employeur, bien plus qu'un levier contractuel, ce qui en fait un axe d'action accessible à toute équipe RH, quel que soit l'effectif de l'entreprise. Il s'inscrit dans une logique plus large de réduction du reste à charge et de pilotage de votre complémentaire santé collective, et peut compter parmi les actions d'une démarche de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).
Ce que le taux d'orientation change vraiment : les données du portefeuille Gerep
Après notre baromètre santé 2025 consacré aux comportements de santé des salariés, Gerep a mesuré l'écart réel de reste à charge par acte sur son portefeuille de contrats collectifs : 151 790 bénéficiaires d’une population active (avec un âge moyen de 44 ans), au titre du régime de base et des garanties optionnelles, sur les exercices 2024 et 2025 (données 2025 sous réserve de run-off, c'est-à-dire de remboursements encore en cours de régularisation). Pour que la comparaison soit fiable, seuls les postes aux volumes d'actes suffisants ont été retenus : entre 3 627 et 29 365 actes en 2025 selon le poste. Les paniers 100% Santé sont exclus de cette analyse, car à reste à charge nul ils écraseraient les écarts entre canaux. Les soins dentaires et l'orthodontie sont également écartés de la comparaison par acte, la maille de facturation y différant trop entre canaux.
Les résultats sur six postes aux définitions homogènes :
| Famille | Poste | Reste à charge hors réseau | Reste à charge réseau | Écart | Part du réseau |
| Optique | Verres et forfaits optiques | 43€ | 8€ | -80% | 75,1% |
| Lentilles | 23€ | 6€ | -74% | 47,9% | |
| Montures | 58€ | 37€ | -36% | 77,8% | |
| Dentaire | Prothèses dentaires | 52€ | 25 € | -51% | 16,2% |
| Implantologie | 310€ | 195€ | -37 % | 8,7% | |
| Audioprothèse | Appareil auditif | 238€ | 226€ | -5% | 50,9% |
Reste à charge moyen par acte en 2025 (source : portefeuille Gerep)
Des enseignements se dégagent immédiatement :
- L'écart le plus important porte sur les verres (le reste à charge est divisé par cinq) et les lentilles (divisé par quatre)
- En valeur absolue, c'est l'implantologie qui pèse le plus, avec 115€ économisés sur un seul acte
- Seule l'audioprothèse n'enregistre pas de gain significatif, la réforme 100% Santé y ayant déjà nivelé les tarifs
La part du réseau dans la consommation du régime progresse également, elle atteint 29,5% en 2025, contre 28,1% un an plus tôt, portée essentiellement par l'optique.
Étude de cas : l'impact sur une entreprise de 500 salariés
Pour mesurer concrètement l’impact du taux d’orientation, Gerep a comparé deux scénarios à partir d’une entreprise type de 500 salariés, représentant 962 bénéficiaires, soit 1,92 bénéficiaire par assuré. Les garanties, les effectifs et le nombre d’actes restent identiques dans les deux cas, seuls les canaux utilisés diffèrent.
| Scénario A - 0% dans le réseau | Scénario B - 60% dans le réseau | |
| Frais réels | 81 960€ | 73 260€ |
| Consommation du régime | 56 010€ | 53 760€ |
| Reste à charge salariés | 15 590€ | 11 015€ |
L'écart s'élève à 4 575€ de reste à charge évité par an pour les salariés et 2 250€ de consommation en moins pour le régime, soit environ deux tiers du gain pour le salarié, un tiers pour le régime, sans modifier une seule ligne de garanties.
Point important pour la crédibilité de cette lecture :
Le nombre d'actes est identique dans les deux scénarios. Le réseau de soins ne réduit pas l'accès aux soins, il en change le prix et le niveau de couverture.
Où se logent ces 4 575€ d'écart ?
| Poste | Actes/an | Reste à charge A | Reste à charge B | Écart |
| Prothèses dentaires | 130 | 6 720€ | 4 645€ | -2 075€ |
| Implantologie | 15 | 4 650€ | 3 615€ | -1 035€ |
| Verres et forfaits optiques | 48 | 2 070€ | 1 070€ | -1 000€ |
| Montures | 22 | 1 275€ | 1 000€ | -275€ |
| Lentilles | 17 | 395€ | 220€ | -175€ |
| Appareil auditif | 2 | 475€ | 460€ | -15€ |
Le dentaire concentre les deux tiers du gain, non parce que l'écart unitaire y est le plus élevé, mais parce que les volumes y sont les plus importants.
La règle de transposition à un autre effectif
Chaque tranche de 10 points d'orientation supplémentaire retire environ 760€ de reste à charge par an à une entreprise de 500 salariés. Le gain est proportionnel à l'effectif : environ 1 520€ pour 1 000 salariés, 380€ pour 250 salariés, à garanties et volumes de soins comparables.
Pourquoi le dentaire est le principal levier à activer
En croisant le gain par acte et le taux d'utilisation actuel du réseau, trois priorités d'action se dégagent :
- Le dentaire, priorité n°1. Le gain par acte y est le plus élevé (jusqu'à 115€ sur un implant), mais le taux d'orientation reste faible (16,2% sur les prothèses, 8,7% sur l'implantologie). C'est le principal réservoir de gain non exploité, car l'information doit intervenir avant l'engagement du devis chez le praticien.
- Les lentilles, priorité n°2. Le gain est très élevé (reste à charge divisé par quatre) mais l'utilisation plafonne à 47,9%, alors que les porteurs renouvellent leur équipement plusieurs fois par an, un point de contact récurrent pour rappeler l'existence du réseau.
- L'audioprothèse, à investiguer plutôt qu'à communiquer. L'écart de reste à charge y est tombé à 5 %, la réforme 100 % Santé ayant déjà aligné les tarifs. Ce n'est pas un problème de communication, c'est l'offre réseau elle-même qui mérite d'être requestionnée (couverture géographique, attractivité tarifaire).
Un potentiel encore peu exploité : les médecines douces
Les réseaux de soins ne se limitent pas à l’optique, au dentaire ou à l’audiologie. Certains peuvent aussi jouer un rôle sur les médecines douces, notamment l’ostéopathie, la chiropractie, l’acupuncture ou encore la diététique. Sur ces prestations, les professionnels fixent librement leurs tarifs et la Sécurité sociale n’intervient pas dans leur remboursement. Le réseau peut donc agir directement sur le prix payé.
L’ostéopathie est particulièrement intéressante à regarder, sur notre périmètre, 13,2% des bénéficiaires consultent un ostéopathe chaque année, ce qui en fait le poste le plus consommé parmi les prestations étudiées.
Concrètement, qu’est-ce que cela pourrait changer ?
Reprenons notre entreprise type de 500 salariés. Aujourd’hui, les séances d’ostéopathie représentent 19 340€ de frais engagés, dont 4 625€ restent à la charge des salariés.
Imaginons maintenant que ces consultations bénéficient d’une remise de 15% grâce à un réseau de soins. Dans le cas étudié, le forfait prévu par le contrat est déjà entièrement utilisé. La remise profiterait directement au salarié, le reste à charge par séance passerait de 14,16€ à 5,28€, soit une économie de 8,88€ par séance et une baisse projetée de 63% du reste à charge sur cet exemple.
À l’échelle de l’entreprise type, en considérant que 60% des consultations pourraient être orientées vers le réseau, cela représenterait environ 1 740€ de reste à charge évité pour les salariés chaque année.
Une projection, pas encore un résultat observé
Ces chiffres illustrent un potentiel d’économie et non un résultat déjà constaté. L'effet réel dépendra de la tarification du réseau. Quand celui-ci fixe un plafond par séance, seules les séances facturées au-dessus du plafond baissent de prix, l'économie est alors plus faible si le plafond est proche ou supérieur au prix moyen observé (62,02 € pour une séance d'ostéopathie dans le portefeuille). La remise de 15% est une hypothèse construite à partir des niveaux de remise observés sur d’autres postes déjà intégrés aux réseaux de soins.
Et pour votre entreprise ?
Les écarts présentés ici sont ceux d'un portefeuille.
L'impact réel dépend de vos garanties, de votre population et de votre taux d'orientation actuel. Si vous souhaitez analyser l'utilisation du réseau dans votre propre contrat, l'équipe Gerep, courtier conseil en protection sociale, peut vous accompagner : découvrez notre accompagnement en santé collective.
Les limites du réseau de soins à connaître
Un réseau de soins ne produit pas le même effet sur tous les postes et le présenter comme uniformément avantageux exposerait à une promesse non tenue :
- Sur l'audioprothèse, l'écart de reste à charge tombe à 5%, la réforme du 100% Santé a nivelé les tarifs de marché et l'avantage négocié s'y est largement dissous
- Sur les soins dentaires et l'orthodontie, la comparaison directe par acte n'est pas interprétable, la maille de facturation diffère trop d'un canal à l'autre pour comparer des actes équivalents. Ces postes restent suivis dans le taux d'orientation global, mais pas dans la comparaison chiffrée par acte
- Les populations des deux canaux ne sont pas strictement comparables et les données de l'exercice le plus récent restent soumises à ajustement
Le message à transmettre doit donc être posé poste par poste, plutôt que présenté comme une règle générale.
Réseau de soins : la checklist du DRH pour passer à l’action
Le réseau de soins peut déjà générer des économies sans modifier les garanties du contrat. Encore faut-il que les salariés sachent quand et comment l’utiliser.
Votre réseau de soins est-il réellement activé ? Faites le point en 5 questions.
Vos salariés savent-ils quand utiliser le réseau ?
Un salarié qui change de lunettes, consulte un professionnel de santé ou cherche un praticien doit savoir que le réseau de sa mutuelle d'entreprise peut lui permettre de bénéficier de tarifs négociés et de services spécifiques. Un rappel au bon moment peut être plus efficace qu’une communication générale une fois par an.
Les informations sont-elles faciles à trouver ?
Lien vers l’annuaire, accès depuis l’espace assuré, recherche par spécialité ou localisation… Vérifiez que vos salariés peuvent identifier rapidement les professionnels du réseau. Si trouver le réseau demande plusieurs clics, il risque de rester sous-utilisé.
Le réseau couvre-t-il vos principales zones d’implantation ?
Avant de communiquer largement sur le réseau, vérifiez sa densité dans les villes où travaillent vos salariés. Un réseau très développé dans certaines zones mais peu présent dans d’autres ne produira pas le même bénéfice pour tous.
Mesurez-vous son utilisation ?
Demandez à votre assureur ou à votre courtier le taux d’orientation vers le réseau et, lorsque les données sont disponibles, les économies ou réductions de reste à charge associées. Cela permet de savoir si vos actions de communication produisent réellement un effet.
Avez-vous identifié les postes où le réseau pourrait encore apporter de la valeur ?
Optique, dentaire et audiologie sont les postes traditionnellement associés aux réseaux de soins. Mais d’autres dépenses peuvent également être étudiées. Demandez notamment si votre contrat propose un réseau sur les médecines douces et quelles conditions tarifaires ont été négociées.
Le réflexe à retenir
Pas besoin d’attendre la prochaine renégociation pour agir. Commencez par vérifier ce que votre réseau permet déjà, mesurez son utilisation et identifiez les postes sur lesquels il pourrait encore réduire le reste à charge.
Prêt à parler de votre contrat santé ?
Écrivez-nous aujourd'hui pour un audit gratuit de votre contrat santé !
FAQ : Réseau de soins
C'est un ensemble de professionnels de santé (opticiens, dentistes, audioprothésistes) qui s'engagent à pratiquer des tarifs plafonnés et à respecter une charte de qualité, au bénéfice des salariés couverts par le contrat collectif. Le salarié qui les consulte bénéficie d'un tarif encadré et d'une meilleure prise en charge par le régime.
Article écrit par
Margaux Vieillard-Baron

Gabriella Arcidiacono

Margaux Vieillard-Baron

Matthias Lespinasse

Damien Vieillard-Baron

